Trafic maritime continent-corse: la Commission fait triompher la loi de la jungle

 

Suite à son redressement judicaire prononcé en novembre 2014, la SNCM a finalement été reprise par le groupe privé Rocca pour un montant de 9 millions d’euros qui fait une belle affaire pour une cession de 300 millions d’euros d’actifs ! La SNCM devient la MCM officiellement le 5 janvier 2016 et 563 licenciements sont prononcés soit plus du tiers des effectifs !

 

L’Etat français sous tutelle, qui présente son budget à Bruxelles, a donc cédé au travail de sape entrepris par la Commission Européenne depuis de longues années pour liquider la SNCM. Nous rappelons que la CE avait imposé à la SNCM de rembourser 440 millions d’euros d’aides à l’Etat sous le prétexte fumeux de la libre concurrence, pour accélérer sa liquidation. En effet, pour la CE, les intérêts de notre dette faramineuse (50 milliards d’euros par an) doivent être payés aux banques commerciales en premier lieu et tout ce qui coûte à l’Etat doit disparaitre, comme par exemple les dotations de l’Etat aux communes et les services publics dont la SNCM faisait partie avec son principe de continuité territoriale.

 

Les deux autres repreneurs privés non retenus, à savoir Baja Ferries et Corsica Maritima ont décidé de créer une compagnie maritime Corsica Linea en affrettant un cargo mixte, le Stena Carrier, sur la liaison continent-corse afin de concurencer la MCM et la CMN qui se partagent pour le moment la DSP sur la Corse.

 

CGT CARRIERLa CGT de la MCM a immédiatement émis un préavis de grève au motif de concurrence déloyale et a bloqué l’accès au port de Marseille au Stena Carrier pendant une semaine, bloquant également ses propres navires de la MCM. La CGT, syndicat du Front de Gauche, soutient pourtant le maintien de l’Etat dans l’Europe de Bruxelles, donc la libre concurrence !

 

 

Cette grève engagée au détriment des usagers et des entreprises corses et du continent ne vise que les intérêts de la CGT, lorsque cela l’arrange ! En représailles, Corsica Maritima a bloqué le cargo mixte Jean Nicoli à quai Ajaccio et empeché l’accostage du Girolata de la CMN à Bastia. L’Etat n’étant plus décideur dans ce dossier et par crainte d’une réaction en chaine de la CGT dans le port de Marseille, le préfet ne fait pas intervenir les forces de l’ordre et le fret et les passagers sont pris en otage pendant une semaine  dans une guerre entre compagnies privées !

CARRIER BLOQUE EN RADEFace au gâchis de la perte de la SNCM et à l’anarchie régnant dans les ports français, que fait l’Etat ? Quelle image donnent nos “élites” de la marine marchande française et de ses ports ?

 

La libre concurrence prônée par l’UE engendrant le désordre et chaos, l’Office des Transports de Corse et l’exécutif corse envisagent désormais, suite à l’abandon de l’Etat soumis aux exigences de Bruxelles, la création d’une compagnie régionale corse avec remise en cause de la DSP détenue par la Maritime Corse Méditerranée et la Compagnie Méridionale de Navigation.

 

Il est urgent que l’Etat reprenne pied dans cette belle partie de la France, et substitue bientôt au chaos organisé par la loi du profit court-termiste, un service public exigeant, volontaire et intègre. Cela ne se pourra réaliser que dans le cadre d’un Etat libre et souverain.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *