Pour la croissance francophone.

2e édition du Forum économique de la Francophonie, à Dakar (2014).

 

« En toute chose, l’on ne reçoit qu’à raison de ce que l’on donne. », Honoré de Balzac

A la recherche de l’absolu, 1834

 

Pour la croissance francophone.

Force est de constater qu’en dépit des potentiels gigantesques qu’elle représente, on a peu donné et donc peu reçu de la croissance francophone.

Pourtant le Monde francophone stricto sensu, et donc sans tenir compte d’une quinzaine de pays et territoires francophiles mais non francophones (Liban, Roumanie, État brésilien de l’Amapa, Land allemand de la Sarre…), est aujourd’hui un vaste espace de plus de 16 millions de km2, soit près de quatre fois l’Union européenne tout entière. Il regroupe sur quatre continents plus de 450 millions d’habitants, qui se répartissent sur non moins de 33 pays où l’on peut « vivre en français ».

Les instituts et départements d’études démographiques français (INED) ou dépendant d’organisations internationales (ONU ; OIF) promettent au Monde francophone un avenir solide : certains calculs prévoient près d’un milliard de francophones d’ici à 2050 ! L’espace francophone, qui est déjà le quatrième espace géolinguistique mondial par le nombre d’habitants, après ceux ayant l’anglais, le chinois et l’indi en partage, pourrait ainsi représenter 10% de la population mondiale en 2050 contre 6% aujourd’hui.

Il est aussi un espace économique et commercial au formidable potentiel, qui pèse pour plus de 10% du produit intérieur brut (PIB) de la planète, avec un taux de croissance moyen de 5% et disposant d’abondantes ressources naturelles.

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Le Forum Francophone des Affaires, prometteur mais totalement délaissé. Il a accueilli pour la première fois les Assises de la Francophonie économique en 2014. Un énorme potentiel économique, qui mérite une place de premier plan dans le commerce extérieur de la France.

 

Le dynamisme du monde francophone représente une opportunité considérable pour la France et pour les entrepreneurs français en crise, lorsque l’on sait que le partage d’une langue est un facteur de croissance économique : deux pays partageant des liens linguistiques tendent à échanger environ 65% plus que s’ils n’en avaient pas, nous apprend une étude publiée dans le Journal of Development Economics.

De même, il existe une corrélation entre la proportion de francophones dans un pays et la part de marché des entreprises françaises dans ce pays. Ce coefficient est de 0,41 au niveau mondial. Ainsi la francophonie, sphère d’influence directe des Etats francophones, conditionne déjà leur rayonnement.

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Initiée en 2009 par la Chambre Franco-Suisse pour le Commerce et l’Industrie (CFFCI) le FAFS est organisé tous les ans au mois de septembre à Genève. Il fait se rencontrer 250 entreprises, 50% françaises, 50% suisses ; en l’espace d’une journée 400 rendez-vous d’affaires sont organisés. Sont présent sur le forum des représentants de grands groupes tels que Renault ou TGV Lyria, mais aussi ceux d’entreprises en développement qui, grâce à ce genre d’événement, peuvent se greffer à un réseau entrepreneurial très dynamique.

 

Il existe donc une « coprospérité francophone ». Le phénomène ressemble au principe dit des « vases communicants » : toute richesse créée par des investissements français en territoire francophone revient en bonne partie dans le circuit économique français.

Il est clair que notre pays néglige ce potentiel de croissance. Pire : il s’en détourne au profit d’une intégration toujours plus forcée dans le circuit économique anglo-américain, ceci allant de pair avec l’adoption aux forceps d’un modèle multiculturel qui nous éloigne de nous-mêmes comme de nos intérêts propres.

Développer la croissance francophone par l’investissement public, par des incitations au secteur privé, par la multiplication des forums économiques bilatéraux, de partenariats industriels avec les Etats francophones, c’est permettre l’affirmation d’un nouveau pôle dans la mondialisation, capable de promouvoir un autre moteur pour les échanges que celui, néo-libéral et multiculturel, porté par le modèle anglo-saxon.

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