Patriotisme pour les mers de France, tribune de Loup Viallet dans Valeurs Actuelles

Après le Brexit, la question de l’horizon mondial de la France est brûlante. S’affranchir de l’impérialisme de l’Union européenne, s’extraire du repli continental qui a prévalu des générations durant, pour rayonner sur tous les continents…et sur tous les océans.

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Patriotisme pour les mers de France

Une tribune de Loup Viallet, président du COMEF, à retrouver dans le magazine français Valeurs actuelles du 23/06/2016.

En réaction au pic d’insécurité qui fit marcher le mois dernier au son de la Marseillaise 10.000 de nos concitoyens à Mayotte, notre gouvernement a retrouvé ses bonnes vieilles méthodes pour fuir ses responsabilités la tête haute. L’envoi de nouvelles forces de police et de gendarmerie ne permettra pas de combattre efficacement l’insécurité ne fera pas tarir l’immigration clandestine avant d’avoir réformé le code de la nationalité, augmenté les capacités de la Marine nationale dans la région et déclaré Zone de Sécurité Prioritaire le 101e département de France.

La proposition de doter l’archipel d’un statut de “Zone Franche Globale” lancée par le MEDEF servira peut-être de politique au ministre des Outre-Mer, très ouverte au projet.  Pourtant ce n’est pas un nouvel outil fiscal ou davantage d’aides sociales qui remplaceront dans le Canal du Mozambique ou en mer des Antilles un véritable projet d’apaisement des tensions locales et de développement économique des collectivités.

L’archipel de Mayotte subit une submersion migratoire qui déclasse nos compatriotes. Mamoudzou aura profité de son statut de chef-lieu en devenant la première maternité française et européenne mais aussi la première maternité des Comores. 70% des naissances sont celles de clandestins attirés par le système de santé et désireux de faire bénéficier leurs enfants de la nationalité française, ouverte par un droit du sol obsolète.

La politique nationale a déserté l’aménagement insulaire sous tous les gouvernements : le port et l’aéroport ont été concédés à des consortia privés peu enclins à servir l’intérêt général. La continuité territoriale avec la métropole n’est pas acquise : faute d’investissement dans le rallongement de la piste de Dzaoudzi, les trajets vers Paris nécessitent escales et surcoûts. Quatre millions de passagers sont contraints chaque année de convoyer dans des barges pour relier Petite-Terre et Grande-Terre, séparées de quatre kilomètres. La construction d’un pont sur la ligne maritime la plus fréquentée de France ne fait pas partie des chantiers du ministre.

Soumis au régime néo-libéral de l’UE, nos gouvernements ne décident plus. Ils n’ont rien fait lorsque le statut de Région Ultra-Périphérique octroyé en 2014 par l’UE a entraîné l’afflux de chalutiers espagnols et portugais dans les eaux mahoraises. Ils ne feront rien lorsqu’au 1er juillet 2017 la Commission supprimera les quotas sucriers qui protègent encore 40.000 emplois dans la filière de la canne à sucre, menaçant d’autres « RUP » françaises. Comme ils n’ont rien fait lorsque l’OMC et nos partenaires européens ont remis en cause les accords préférentiels de la banane, fragilisant cette filière d’activité essentielle.

S’affranchir des règles de l’UE est la condition pour libérer Mayotte, La Réunion, la Guyane, Saint-Martin, la Guadeloupe et la Martinique du statut néocolonial de « RUP et développer un patriotisme économique adapté aux mesures de notre frontière ultramarine mondiale. C’est le moyen de cesser d’importer ce que l’on peut produire sur place, de garantir les filières de la mer à l’assiette, de rétablir la consommation de produit locaux dans les collectivités publiques en concertation avec les coopératives locales.

C’est d’un Etat souverain, renforcé dans ses prérogatives régaliennes, déterminé à soutenir concorde et développement, dont la France maritime a besoin pour ne pas éclater en conflits sociaux et catastrophes humanitaires. Soutenue par une politique de développement en Afrique, dans l’Océan Indien, dans les Amériques et en Asie-Océanie, la France d’Outre-Mer sera en mesure de prospérer et de coopérer étroitement avec les pays francophones de chaque environnement régional.

 

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