Non, les Ivoiriens ne votent pas en fonction de leur ethnie ! 🇨🇮 N’goran pour le COMEF

“Ce qui engage les Ivoiriens à voter”, par S. N’goran

Réaction de Stéphane N’goran, responsable de l’ONG ivoirienne ACADRE, aux théories définissant les attitudes de vote des Ivoiriens comme déterminées par leurs origines ethniques.

C’est bien souvent ce qu’énonce excessivement l’ethnomathématique, qui, par définition, exclue toutes les sociétés africaines, les Ivoiriens y compris, du principe “Un homme, une voix”, qui implique l’universalité et l’égalité des suffrages. En CI, un scrutin ou un conflit pourrait donc s’ethniciser selon N’goran, mais ne pourrait être interprété avec justesse s’il est exclusivement défini par son caractère ethnique.

Il n’est ici pas question de nier le vote ethnique en Afrique ni de nier l’importance de l’appartenance ethnique mais bien de laisser aux intéressés le soin de nuancer eux-mêmes des idées reçues qui ne doivent pas rester figées. Ce témoignage  invite à prendre conscience de l’hétérogénéité des sociétés africaines vis à vis des processus démocratiques connus dans les pays du Nord.

 

 

 

 

 

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Pour aller plus loin :

 “L’État-nation en Afrique subsaharienne”

Extrait :

” Le morcellement de l’Afrique en 52 États, record à l’échelle continentale, permet d’évoquer un phénomène de balkanisation et conduit à s’interroger sur la viabilité d’un certain nombre d’entre eux. Par ailleurs, les crises récentes (guerres civiles, coups d’État) pourraient paraître susceptibles de remettre en cause ces configurations territoriales.

Depuis les indépendances, l’Afrique a connu un grand nombre de conflits armés et les conflits continuent à y faire plus de victimes que dans toutes les autres guerres réunies à travers le monde. Ce constat va à l’encontre de la réduction du nombre des conflits observée dans le monde depuis le début des années 1990. Nombreux sont ceux qui considèrent que le continent est en situation “d’extrême urgence de paix”.

En 2004, une vingtaine de pays africains était impliquée dans des affrontements armés ou des situations de crise plus ou moins résolues (R.D. du Congo, Libéria, Côte d’Ivoire, Burundi, Rwanda, Angola, Soudan, Somalie, Congo Brazzaville, Ouganda, Tchad, par exemple). Par ailleurs, les conflits qui affectent aujourd’hui le continent africain présentent des aspects originaux. Il ne s’agit pas de guerres conventionnelles mais d’exactions commises par des “saigneurs de la guerre” agissant très largement en dehors de réelles motivations ethniques ou idéologiques.

Avec des frontières tracées par les colonisateurs au mépris des réalités ethniques, le modèle de l’État-nation a-t-il un avenir en Afrique subsaharienne ? En fait, attribuer à l’héritage colonial la fragilité actuelle des États africains semble relever d’une vision par trop manichéenne. L’absence de véritable démocratie, les contextes de crise économique et sociale, y sont sans doute les causes profondes de la déstabilisation de l’État.”

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