Les migrations favorisent le développement : déconstruction d’une contre-vérité toxique

« L’immigration est une chance » pour la France affirment l’ensemble des représentants du système. Une chance pour eux sans doute, une chance pour le peuple français, rien n’est moins sûr. Déficit sociaux, délinquance, communautarisme, confusion des identités : voilà le bilan catastrophique de quarante années d’immigrationisme béat, soutenu de concert par les gouvernements successifs, les prétendues associations de solidarité et de lutte contre le racisme, et surtout les nantis qui n’ont pas à en subir les conséquences.

Mais tout cela n’est rien, nous dit-on. Les immigrés viennent pourvoir ici aux emplois difficiles, indignes, dont les Français ne voudraient plus, surtout dans les services, quand il est apparu que nos ouvriers ne quittaient nos usines que contraints par des plans de licenciement massifs. La stratégie de culpabilisation va plus loin, car en plus de nous affirmer que les immigrés vont sauver la croissance, on prétend aussi sous couvert d’ouverture à l’autre et de générosité, faire croire aux Français que l’accueil d’une immigration toujours plus massive revient à exercer leur devoir de solidarité avec les peuples moins favorisés, à ce « Sud établit en nos murs ». Ainsi si l’on n’est pas immigrationiste, on serait par quelque raisonnement tordu opposé au développement des pays du Sud… et du notre… auxquels les migrations seraient sensées contribuer activement.

Pourtant, on peut légitimement et lucidement évaluer la pertinence et l’efficacité d’une stratégie en tous points saugrenue, par son coût, en France comme à l’étranger.

Car l’immigration a bien un coût pour la France. Dans un pays qui compte ses chômeurs, ses pauvres et ses mal logés par millions, l’immigration de masse ne peut se faire qu’au détriment de la population. En pesant à la baisse sur les salaires selon une stratégie patronale bien établie ; en logeant des migrants que les Français voient, étonnés et indignés, occuper des logements qu’ils attendent ou pour lesquels ils paient des loyers souvent exorbitants ; en pesant sur les déficits de nos comptes sociaux puisque les étrangers, même en situation irrégulière, bénéficient d’une solidarité nationale qui devrait être réservée à nos concitoyens.

Nous sommes bien loin de la vision glorieuse d’une immigration qui viendrait restaurer notre prospérité, et quelque généreux ou accueillant que le peuple français puisse être, il ne peut supporter davantage le péril que l’immigration de masse fait peser sur sa propre condition. D’autant qu’aux considérations économiques s’ajoutent des dimensions sécuritaires, sociales, culturelles et civiques, subies par une population victime de l’entière absence de toute tentative d’assimilation, du rejet de ses lois, de ses codes, du respect que chacun est en droit d’attendre et de recevoir dans son pays.

Qu’en est-il de la contribution de ces migrations de masse au développement des pays du Sud ? Selon les thèses immigrationistes, il serait sensé s’accélérer et se nourrir de l’émigration, par un tour de force défiant l’examen logique le plus élémentaire. Ainsi, selon le pari astucieux mais faux du principe dit de « solidarité diasporale », les migrants percevant des revenus dans les pays développés où ils se sont installés contribueraient activement au développement de leur pays d’origine par l’argent qu’ils y envoient. D’une ampleur de 10 à 17 milliards d’euros qui chaque année, quittent la France avec la bénédiction et les encouragements des pouvoirs publics – via le partenariat entre La Poste et Western Union entre autres – ces transferts de fonds n’ont cependant en rien permis de donner aux pays d’émigration les moyens d’un décollage tout en privant le pays d’une somme considérable qui aurait du participer à son économie.

Au contraire, ils induisent une dépendance excessive à un phénomène de rente migratoire qui pèse pour une part considérable dans le PIB de nombre de pays en voie de développement. C’est ainsi 9% du PIB du Bengladesh en Asie, 10% de celui du Guatemala en Amérique latine, 23% de celui du Leshoto en Afrique australe, 24% aux Comores ; et 9% au Maroc, 11% au Mali, 17% au Sénégal pour ce qui concerne l’Afrique francophone, qui dépendent de ces transferts de fonds. Des proportions en augmentation qui révèlent à la fois la faiblesse de ces économies, l’absence de contribution à leur développement, et laissent prévoir des migrations de plus en plus nombreuses vers les pays développés.

Comment pourrait-il en être autrement, quand plus des deux tiers à plus des trois quarts des fonds transférés vers les pays bénéficiaires servent aux dépenses de consommation courante des familles des migrants, et non à l’investissement ? Pire, même ce système de perfusion tant vanté par le Ministère des Affaires étrangères et des organismes internationaux comme la Banque africaine de développement se tarit à mesure que les revenus des migrants augmentent, et ils sont alors majoritairement investis dans des acquisitions immobilières qui accentuent les difficultés et les inégalités foncières dans les pays bénéficiaires.

Qu’à cela ne tienne, répondent les partisans de ce serpent migratoire qui se mord la queue et se nourrit de ses propres effets néfastes. Résilients aux crises économiques, les fonds de la solidarité diasporale se maintiennent davantage que les aides publiques au développement et justifient qu’on fasse de l’immigration un instrument de substitution à celles-ci. Comme de coutume, c’est aux plus faibles d’assumer le coût du renoncement de l’État. Ici, en France, où la population subit l’immigration, comme dans les pays d’émigration, où l’afflux de fonds étrangers réservé aux familles des migrants provoque de graves inégalités sociales. Et le serpent continue de se dévorer, la France d’accueillir plus de migrants économiques pour satisfaire les besoins de familles dont les conditions se dégradent par l’action de leurs prédécesseurs, et les pays en voie de développement de perdre leurs forces vives et ceux qui, plus éduqués, auraient du former l’avant-garde de leur développement.

A l’opposé du renoncement face à la misère collective qu’institue l’immigration de masse en France comme dans les pays d’émigration, le COMEF propose de changer radicalement de stratégie en coupant la plus puissante des pompes de l’immigration qu’est la solidarité diasporale1, et en réformant l’Aide Publique au Développement française pour un vrai codéveloppement pragmatique et efficace2.

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