Les Instituts français, ces instruments nationaux de rayonnement culturel sacrifiés sur l’autel de la rigueur.

 

En illustration de couverture : le bâtiment de l’Institut français de Vienne, qui assuré les cours généraux de français. Un symbole de la négligence du Quai d’Orsay à l’endroit des Instituts français. Fermé en 2007 à la suite d’une coupe budgétaire.

En illustration de couverture : le bâtiment de l’Institut français de Vienne, qui assuré les cours généraux de français. Un symbole de la négligence du Quai d’Orsay à l’endroit des Instituts français. Fermé en 2007 à la suite d’une coupe budgétaire.

 

Des points de relais essentiels de notre réseau culturel mondial.

La France dispose d’un vaste réseau diplomatique. Cet instrument essentiel servait à porter sa parole dans les temps passés où elle était encore capable de conduire une politique diplomatique indépendante. Les Instituts français, sont des outils essentiels de cette toile d’influence tissée par la France durant son histoire.

Les Instituts Français sont  des établissements publics industriels et commerciaux placés directement sous la tutelle du Ministère des affaires étrangères. Ils sont donc entièrement sous contrôle public et leur personnel est constitué de fonctionnaires du ministère des affaires étrangères. Ses attributions sont d’ailleurs clairement définies juridiquement. Les Instituts doivent assurer la  « promotion et l’accompagnement du français à l’étranger » ou encore le « soutien à la création artistique du Sud, en particulier Afrique et Caraïbes, ainsi que leur promotion en France et à l’étranger. ».

Vaste programme que la défense et la promotion du français lorsque l’on a abandonné tous les attributs politiques qui le rendait intéressant. Être le neveu servile et soumis de l’Oncle Sam n’a pas aidé nos diplomates à faire leur travail. De même que l’auto-bâillonnement de la voix française par ses propres gouvernants ne facilite pas à faire entendre du français.

 

Les Instituts,  victimes d’une politique menée à la corbeille.

Le Quai d’Orsay, centre de commandement des Instituts français.

Le Quai d’Orsay, centre de commandement des Instituts français.

 

 

La rigueur aidant, ces Instituts ont du faire l’expérience d’une authentique diète budgétaire. Attaquant ainsi non pas le gras, mais un muscle très important du volet culturel de notre diplomatie.  Cette baisse s’inscrit dans un contexte de rigueur généralisée du « programme 185 » c’est-à-dire « La diplomatie culturelle et d’influence » est en baisse de 3% depuis 2012. Le volet budgétaire de l’animation du réseau est lui en baisse de 7% sur la même période.

 

Les Instituts français, bien que négligés, continuent des travaux nécessaires dans le monde entier.

Les Instituts français, bien que négligés, continuent des travaux nécessaires dans le monde entier.

 

Financésà 70% par les dotations de l’Etat, ces diminutions des crédits ont mis les Instituts Français dans une situation à la fois inconfortable et scandaleuse, compte tenu de la grande mission qu’ils ont à assurer. Redynamiser et réactiver ce réseau est incontournable pour que la France reste une puissance d’équilibre dans la mondialisation et son biais anglo-américain.

Il faudrait d’abord revoir les postes d’attributions des crédits déjà alloués pour un redéploiement plus équilibré. On constate une fois encore que l’hypercéphalie parisienne fait des ravages. Le budget de l’Institut de Paris est pratiquement égal à celui de tous les autres instituts réunis. Tandis que d’autres instituts stratégiques dans le cadre d’une politique de coopération ne disposent que des miettes du repas. On observe aussi une logique qui consiste à promouvoir les Instituts dans des villes européennes afin de rechercher sans doute des financements d’autochtones francophiles, ce qui n’a pas été un franc succès jusqu’ici. Tandis qu’en Afrique, nous laissons résolument à l’abandon notre réseau.

Redonner au réseau une raison d’exister : une stratégie ambitieuse de rayonnement mondial.

 

Le manque de perspective stratégique quant aux objectifs ainsi qu’aux moyens réservés à l’action culturelle des Instituts est une faille profonde dans la diplomatie de notre pays. Un tel réseau diplomatique ne peut rester plus longtemps relégué aux tiroirs les plus poussiéreux du Quai sans menacer de s’effriter dangereusement.

Il apparaît en outre que son redressement sera conditionné à la constitution d’une diplomatie culturelle capable de fonctionner en synergies. Avec les Alliances françaises tout d’abord, puis avec les grands acteurs de la culture et du patrimoine en France : musées nationaux, Bibliothèques, théâtres publics et autres centres culturels qui font vivre et rayonner la culture de notre pays.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *