L’aquaponie, un atout pour la France : focus sur un mode de production innovant, durable, propre et rentable

Aquaponie

De loin, il semble que les techniques de l’aquaculture en eau douce, et plus particulièrement le modèle de l’aquaponie, s’imposeront comme une évidence aux entrepreneurs et aux pouvoirs publics dans les années à venir.

Mode de production rentable, court, économique et écologique, qui demande à être adopté et encouragé en France. L’aquaponie consiste a intégrer dans un circuit fermé l’élevage de poissons d’eau douce avec des plantes fruitières ou maraîchères. Le procédé est simple : les poissons sont nourris avec des granules végétales, leurs déjections sont absorbées et transformées de façon naturelle par des bactéries afin de les rendre consommables par les racines des plantes ce qui purifie l’eau. Ce système complexe et intégré représente l’avenir de la production aquacole d’eau douce mais aussi d’une nouvelle forme d’agriculture. La viabilité de cette production a déjà été démontrée, notamment par une société suisse, Urban Farmers (à consulter ici : http://urbanfarmers.com/intro/), implantée à Zurich, qui vit de cette production. Ses produits sont d’une qualité suffisante pour servir dans la restauration gastronomique. L’installation du reste, est totalement compatible avec le milieu urbain et peut donc être au plus près des consommateurs en travaillant avec les réseaux de distribution les plus proches.

Adopter et adapter ce modèle en France, c’est fournir un outil économique & écologique innovant et autonome à nos entrepreneurs ; le promouvoir à l’étranger, au travers des volets “agricole” et “urbain” des projets de développement financés par notre action internationale, c’est encourager un modèle sain et rentable pour des populations du Sud, victimes d’un système commercial asymétrique, en proie au mal-développement et particulièrement menacées par les catastrophes environnementales.

Auparavant l’on savait que pour produire 1 kilo de poisson, il fallait fournir un volume de 100 m3 d’eau. Aujourd’hui le secteur de l’aquaculture connaît une petite révolution : les techniques de l’aquaponie permettent de réduire cette quantité d’eau à 7 m3 ! Une trouvaille française : c’est au centre d’étude de Sizain en Bretagne de l’INRA, qui conduit des recherches visant à réduire la consommation en eau, qu’a été expérimenté la viabilité du premier système aquaponique en laboratoire. Ils ont pu passer d’un besoin de 100 mètres cubes d’eau pour produire un kilo de poisson, à un besoin de 7 mètres cube d’eau. Grâce à ce système dit de redistribution de l’eau, ce mode de production permet de régler le problème de la pollution de l’eau -inhérent aux autres modèles utilisés pour l’aquaculture-, puisque celle-ci est entièrement nettoyée par les bactéries du système. En plus de présenter des coûts qui n’ont jamais été aussi peu élevés dans cet filière.

Ainsi en pratiquant l’aquaponie, les entrepreneurs non seulement sont assurés de faire d’énormes économies d’eau mais aussi, grâce à la qualité des nutriments et l’absence de saisons, d’une productivité 4 à 5 fois supérieure à la culture en pleine terre. Après deux ans d’exploitation, la ferme commence déjà à être rentable (modèle zurichois) et s’intègre parfaitement en milieu urbain !

Aquaculture et aquaponie sont les deux nageoires d’une France souveraine qui fera un pas de plus vers sa souveraineté alimentaire, il est impératif de ne pas rater cette opportunité qui représente pour la planète et l’économie française une notable amélioration en plus de récupérer la maîtrise de notre destin collectif sur une part importante des produits qui se trouvent dans nos assiettes. Pour paraphraser le grand leader burkinabé Thomas Sankara, le mondialisme commence d’abord et avant tout dans nos assiettes. A nous de trouver les alternatives pour l’en bannir.

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