Fleuron français à la dérive : les Chantiers de Saint Nazaire mis en vente par le groupe coréen STX

Fleuron français à la dérive : les Chantiers de Saint Nazaire mis en vente par le groupe coréen STX

Nouveau portique des Chantiers navals de Saint Nazaire, d'une capacité de levage de 1200 tonnes. Des investissements gâchés si l'Etat ne reprend pas la main sur ce chantier stratégique.

Nouveau portique des Chantiers navals de Saint Nazaire, d’une capacité de levage de 1200 tonnes.
Des investissements gâchés si l’Etat ne reprend pas la main sur ce chantier stratégique.

Le plus grand chantier naval d’Europe, fleuron de la construction navale française et propriété du groupe français Alsthom depuis 1976, a été racheté par le groupe coréen STX en 2006 sous la négligence passive de l’Etat français qui détient encore 1/3 du capital.

Les chantiers, spécialisés dans la construction de paquebots, de navires de guerre et dans les énergies renouvelables, emploient 2600 salariés et font travailler près de 3000 sous-traitants.

Aujourd’hui, le groupe STX est endetté et a décidé de revendre sa “filiale France”. Déjà d’autres repreneurs comme le néerlandais Damen (déjà présent à Brest et à Dunkerque) et l’italien Fincantieri souhaitent profiter de l’aubaine.

Les chantiers seront à l’équilibre fin 2016 avec 1 milliard € de revenus et un carnet de commande rempli (14 paquebots) jusqu’en 2026 !

Des investissements très importants à hauteur de 100 millions € dont un portique géant ont largement contribué à déclencher ces grosses commandes !

L’Etat français doit racheter la totalité des parts pour les raisons essentielles suivantes :

– Le secteur de la construction navale, bien que soumis à des cycles variables de commandes, est un secteur stratégique

– Ce secteur ne doit pas être dépendant de la situation économique d’un repreneur étranger : ici, la revente fait suite à une crise maritime en Corée (effondrement du fret et de la construction de navires neufs). Quid des nouveaux repreneurs ? une revente dans 5 ans ?

– L’Etat doit maintenir le savoir-faire et les emplois français à long terme : les salariés méritent la sécurité de l’emploi

Un Etat stratège et souverain digne de ce nom n’abandonnera pas les Chantiers de Saint Nazaire !

Les syndicats réclament une nationalisation depuis 2012 : celle-ci ne dépend que de la volonté de l’Etat, qui peut solliciter temporairement la BPI ou la Caisse des Sépôts, ainsi que la participation de la région Pays de Loire, prête à investir 10 millions € pour récupérer  un secteur économique et stratégique majeur

 

 
Philippe-Sanchez
Philippe SANCHEZ
Capitaine C1NM de la marine marchande
Membre du collectif mer et francophonie
 
Conseiller municipal des Pennes Mirabeau 
 

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