“Feuille de route” de l’action internationale française : Hollande devra revoir sa copie.

Dans son discours portant sur les priorités diplomatiques françaises pour l’année, tenu devant les ambassadeurs mardi 25 août dernier, le président de la République François Hollande a annoncé l’adossement, d’ici à 2016, de l’Agence française de développement (AFD) à la Caisse des dépôts. Inspirée du modèle allemand, cette réforme devrait augmenter les capacités financières de l’opérateur, lui permettant d’emprunter à des taux moins élevés sur les marchés financiers.

Cette annonce ne pourra pas masquer le bilan de la politique de reniement qui caractérise le mandat de F. Hollande à l’égard de la politique de développement. Elle ne pourra pas cacher que, pas une seule année au cours du présent quinquennat, la France n’a tenu son engagement de consacrer 0,7% de son revenu national brut à l’Aide Publique au Développement (APD). Ni dissimuler une constante du quinquennat : la diminution des moyens alloués à la solidarité internationale. Ainsi, dans le budget 2015, la part consacrée à la solidarité internationale reculait de 2,8 % par rapport à 2014, pour atteindre 2,79 milliards d’euros. Cette baisse n’étant d’ailleurs en rien synonyme d’économies pour les Français. Bien au contraire : les fonds non dépensés pour aider à les pays du Sud à sortir du mal-développement ont bien été utilisés, et même dans des proportions bien supérieures, pour gérer et accueillir l’immigration de masse sur le territoire national !

Enfin cette annonce, si elle a une vertu, est bien celle d’éluder les problèmes de fond, épinglés de longue date par la Cour des Comptes. Les objectifs affichés de la politique de développement sont toujours «trop nombreux » et « peu réalistes » ; la répartition de l’aide souffre de sa trop grande dispersion, ce qui nuit à sa lisibilité et à son efficacité ; le compromis entre aide bilatérale et aide multilatérale semble s’être réalisé au détriment de l’efficacité et du suivi des aides.

Le Collectif Mer et Francophonie propose que la politique de développement soit, quant à elle, adossée aux intérêts nationaux, et que l’AFD en soit l’opérateur efficace. Pour retrouver de la cohérence et de l’efficacité en matière de développement, pour lutter avec précision contre le mal développement des pays du Sud, cause première de l’immigration de masse, le COMEF appelle à :

Abandonner la mondialisation des crédits pour établir une priorité francophone à leur allocation, ciblant uniquement l’espace francophone et les Outre-mer.

Privilégier le modèle de l’action bilatérale, plus facile à suivre et à contrôler que celui de l’aide multilatérale.

Cesser de déconsidérer le régime de l’aide liée pour subordonner 100% de nos investissements publics aux intérêts des entreprises françaises, à l’instar de grandes puissances telles que la Chine et des États-Unis.

Loup Viallet

Président

Collectif Mer et Francophonie

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