Qui veut d’Emmanuel Macron, cousin politique de Justin Trudeau ?

 Présidentielles françaises

Macron, cet enfant gâté de la politique française est aussi un chouchou des médias, ça vous rappelle quelqu’un de l’autre côté de l’Atlantique ?

 

Une tribune de Loup Viallet, président du COMEF www.collectifmeretfrancophonie.fr et délégué national à la Prospective du Front National.

 

François Fillon, le candidat toujours en lice (mis en examen le 14 mars pour détournement de fonds publics) des Républicains le qualifie de « Hollande en plus jeune », mais pour beaucoup, Emmanuel Macron c’est un peu le cousin français de Justin Trudeau.

 

Comptable, héritier, porteur du quinquennat de François Hollande ? Sans avoir été élu de sa vie, Macron l’est assurément, pour avoir été successivement le conseiller éco du candidat socialiste puis l’adjoint au secrétaire général de l’Elysée, avant de se faire nommer en 2014 ministre de l’Economie dans le gouvernement de Manuel Valls. Une fonction que l’ancien banquier d’affaires chez Rothschild aura assumé avec brutalité et ferveur avant de fausser compagnie tout aussi bruyamment pour lancer « En Marche », son propre mouvement, dans la course à la présidentielle. Macron, cet enfant gâté de la politique française est aussi un chouchou des médias, ça vous rappelle quelqu’un de l’autre côté de l’Atlantique ?

 

On retiendra de son action une loi dont l’adoption s’est faite aux forceps dans un climat tendu où pendant plusieurs mois la France a été traversée de manifestations et de protestations. Partout en France on a vu des familles, travailleurs, partis, syndicats qui refusaient le démantèlement du droit du travail, la fermeture des services publics, le renchérissement du train et la relégation des classes moyennes et populaires dans les cars. Soit l’affaiblissement de l’Etat par une intégration plus avant dans le fédéralisme européen et la dilution du modèle social et économique français dans un néolibéralisme promu par la Commission européenne et les multinationales. C’est là le seul progressisme qu’il incarne.

 

Faux socialiste, Macron est libéral, fédéraliste, 100% postnational. A Lyon il a déclaré qu’ « il n’y avait pas de culture française» car les cultures sont «plurielles». En visite à Londres, ce Rastignac de la mondialisation a surenchéri : « L’art français, je ne l’ai jamais vu ». Même parler français lui semble d’un autre âge : son discours de Berlin pour évoquer l’avenir de l’Europe, il l’a prononcé … en anglais ! Regrettant au passage que la France n’ait pas accueilli autant de réfugiés (1million) que la chancelière Merkel en Allemagne. L’histoire de France ? Macron la convoque seulement pour la rendre détestable : « la colonisation a été un crime de l’Humanité » a-t-il affirmé sur la première chaîne de télévision publique algérienne à un présentateur un peu ébahi.

 

« Le Canada n’a pas d’identité propre » disait Justin Trudeau à un journaliste du New York Times à peu près au même moment, niant au passage quatre siècles d’histoire du Canada français et les origines du dominion britannique. Il y a chez Emmanuel comme chez Justin ce même enthousiasme pour le génie de la mondialisation, un extrémisme et une méfiance analogue vis-à-vis des Etats-nations.

 

Imagineriez-vous Emmanuel Macron président, reconnaître la souveraineté du Québec ? Ou à défaut, se comporter en allié des francophones en Amérique du Nord ? Ni le cœur ni la raison ne le porteront à endommager sa marche commune avec Justin Trudeau dans le partenariat transatlantique (AECG ou CETA). Au contraire, cette nouvelle zone de libre échange Canada-UE ne tarderait pas à rentrer en antagonisme et à s’isoler du monde, quand Inde, Russie, Chine, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Japon (…) appliquent des mesures économiques protectionnistes et la priorité nationale, promeuvent le patriotisme et sont attachés à la stabilité d’un monde multipolaire.

 

Le multiculturalisme comme idéal de vie commune, les grands ensembles postnationaux pour cadre de la vie démocratique et économique, la fin des Etats nations ; les deux cousins politiques croient encore vivre dans les années 1980. Pourtant, partout nous assistons aux réveils des peuples qui souhaitent assumer pleinement le caractère national de l’organisation de la Cité. Alors que nous célèbrerons le cinquantième anniversaire du passage de de Gaulle au Québec en juillet prochain, il est temps plus que jamais d’affirmer le rétablissement des relations France-Québec dans cet esprit de liberté qui animait le Général.

 

 

 

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