Conversation 🇫🇷 🇨🇮 avec Stéphane N’goran, ONG ACADRE

Conversation 🇫🇷 🇨🇮 avec Stéphane N’goran, ONG ACADRE
“Le système migratoire étouffe le développement des Etats et des marchés intérieurs “

Cet été Le COMEF recevait le secrétaire général de l’ONG ACADRE, Stéphane N’goran.

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http://acadre.org

Agence de développement orientée vers le conseil et l’appui aux projets locaux en Côte d’Ivoire, ACADRE a pour projet phare l’ouverture du Centre d’Incubation et de Développement Intégré (CIDI) à Guitrozon dans la commune de Duékoué. 

Stéphane N’goran a accepté de dialoguer ouvertement avec nous sur tous les problèmes majeurs de sa population auxquels son organisation est exposée : mal-développement, émigration massive, pressions de multinationales, dégradation de l’environnement…

Sur ce sujet lire aussi :

Action internationale : ” il faut changer les règles du jeu” – Loup Viallet, Le Nouveau Courrier 🇨🇮

 

Extraits :

“L’Afrique francophone Subsaharienne, de plus en plus stable, démographiquement dynamique, est désormais prête à accueillir les investissements en infrastructures et en équipements pour faire face à une demande accrue et à une urbanisation galopante. Elle comprend pourtant plus de trois quarts des PPTE, et connait malgré cela les performances les plus encourageantes du continent, avec une croissance moyenne de 5,1%/an sur la période 2012-2015. Mais les entreprises françaises ou canadiennes ne sont plus sensibles à ces opportunités économiques : la France comme le Canada réalisent dans cet espace moins de 1% de leur commerce extérieur.”

“Les partenariats économiques négociés par l’UE dans ces régions (CEDEAO, CEMAC) pour y recycler les excédents de production bas de gamme de ses grandes entreprises, imposent la libéralisation des échanges commerciaux et étouffent toute stratégie de développement africaine. A préférer le monde entier à leur espace linguistique, la France, le Canada, la Belgique, la Suisse l’ont exclu de leurs investissements. Ils ont sous-évalué l’importance du lien linguistique dans le commerce international, fermé les yeux sur l’Afrique francophone, le Liban, les Outre-Mer français. Cette stratégie est inédite dans l’histoire des relations internationales qui voit rarement une puissance se désintéresser de son espace linguistique, comme en témoignent les investissements de l’Arabie Saoudite vers le monde arabe ou l’implantation économique du Brésil en Afrique lusophone. En effet, deux pays partageant des liens linguistiques tendent à échanger environ 65% plus que s’ils n’en avaient pas.”

“Il faut donc investir dans une croissance commune, donner aux pré-émergents les moyens d’accéder à la maîtrise de leur propre développement. Permettre à l’ensemble des Etats francophones de soutenir un tissu entrepreneurial et industriel tourné vers leur marché intérieur, de viser l’autosuffisance alimentaire, de contrôler leurs frontières migratoires et économiques, enfin de renforcer leur souveraineté partout où elle s’est affaiblie.”

 

 

 

 

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