20 fois plus ruineuse que l’AME, connaissez vous la solidarité diasporale ?
La solidarité diasporale est un volet méconnu mais essentiel de la politique migratoire française comme de celle de l’UE. Pourquoi est il important ? Car c’est en considérant les migrants économiques comme des acteurs du développement de leurs pays d’origine que les gouvernements UMPS aux commandes de la France, ont permis une fuite des capitaux au montant salé. Chaque année, 10 milliards d’euros sont transférés à l’étranger par les migrants économiques au lieu d’être investis ou consommés en France. L’équivalent du budget de la mairie de Paris, ou de 20 fois le montant de l’Aide Médicale d’Etat (AME).
C’est en mai 2012 qu’une communication de la Commission européenne, adoptée par le Conseil, a défini l’approche globale des migrations et de la mobilité, mettant en avant le concept de « solidarité diasporale », pour établir ce qui suit : « [la mobilité] peut être définie comme la dimension extérieure de la politique de l’UE en matière de migration et d’asile. […] elle centre le champ d’intervention du lien entre migration et mobilité sur le soutien aux diasporas et au renforcement des capacités des pays d’émigration afin de faire de la migration un vecteur de développement ». Un an plus tard, ce jargon était fidèlement retranscrit dans notre politique nationale par le Comité Interministériel de la Coopération Internationale et du Développement (CICID).
Dans la pratique, cela s’est traduit par une réduction des coûts des transferts de fonds des migrants. Cette “politique” avait d”ailleurs été initiée dès 2009 par Nicolas Sarkozy. Anticipant sans doute la communication de la Commission, il avait commandé à son ministre du “développement solidaire” (Eric Besson) de fluidifier ces transferts.
La Banque Africaine de Développement témoigne également d’un grand intérêt pour ces flux de capitaux des migrants économiques. Et pour cause, ces mouvements de capitaux permis par l’ultralibéralisme européen peuvent représenter jusqu’à 20% du PIB des Etats destinataires de cette “générosité” de leurs émigrés. Une telle dépendance des économies des pays de forte émigration à des fonds qui ne sont pas issus de leur propres richesses est révélatrice d’un sous-développement inquiétant, soutenu par la logique de la solidarité diasporale.
La répartition des fonds transférés éclaire sur l’inefficacité de ce système quant au développement des pays d’origine des migrants : 60 à 85% des ménages bénéficiaires les emploient à la consommation courante, notamment alimentaire. Non investis dans des secteurs productifs, ces fonds ne peuvent dès lors prétendre à participer à une politique de développement efficace. D’autant qu’une part importante des produits de consommation courants y sont importés de l’étranger, y compris dans le secteur alimentaire.
Par ailleurs, si 25% des montants transférés correspondent à un investissement dans des activités économiques ou dans l’immobilier, il faut noter que c’est dans ce dernier secteur d’investissement que la solidarité diasporale fait les dégâts les plus visibles dans les pays bénéficiaires, accentuant la pression foncière artificiellement, et créant de nouvelles inégalités.
La stratégie de développement par la solidarité diasporale entretient donc, dans le cadre d’une fuite géante des capitaux pour la France, une situation de pauvreté et de précarité à la fois pour la majorité des migrants y ayant recours comme pour leurs familles, qui en dépendent pour maintenir leur niveau de vie. S’établit un cercle vicieux, qui suppose que l’horizon de développement des populations des pays d’émigration soit dépendant de cette émigration et de la richesse étrangère au lieu des siennes propres. Le phénomène d’émigration entretient une fuite des cerveaux et des forces productives, tandis que le “réflexe du mendiant” paralyse l’esprit d’investissement et d’entreprise dans les pays d’origine.
Pour casser cette superpompe aspirante de l’immigration, il nous faudra mettre en place une politique patriote ainsi qu’une politique de développement coprofitable pour la France comme pour les pays d’émigration. Deux mesures gratuites peuvent empêcher, dès l’année prochaine, les 10 milliards d’euros de la solidarité diasporale de quitter à nouveau le circuit économique français :
– Rehausser considérablement les coûts des transferts de fonds pour les rendre dissuasifs auprès des migrants économiques.
– Réduire en France l’offre des Sociétés de Transferts de Fonds (STA), en supprimant notamment le partenariat entre Western Union et la Banque Postale.
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